Economie : « Au moment où nous demandons des ressources, il faut aussi que l’administration puisse auditer » (Uael)


Les jalons d’une réforme qui vise les Fonds de dotation de la décentralisation sont posés. Et la rencontre présidée ce jeudi 16 septembre par le ministre Oumar Guèye, en charge des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, en est la preuve. En atteste la rencontre d’information et de partage avec des acteurs territoriaux sur l’état d’avancement et les perspectives de la réforme du Fonds de dotation de la décentralisation initiée par l’Agence de développement municipal (Adm) à travers le Programme d’appui aux communes et agglomération du Sénégal (Pacasen).

Partie prenante de cette rencontre à Saly, Adama Diouf, le président de l’Union des associations d’élus locaux (Uael), a émis le vœu de voir les projecteurs braqués sur la gestion de ses ressources allouées aux collectivités territoriales.

‘’Ce que je retiens de cet atelier, c’est que pour nous, élus locaux, c’est une rencontre très importante. C’était une demande même des élus locaux qui voulaient que les Fonds de dotation de la décentralisation (Fdd) soient réformés dans bien des aspects. Le premier, c’est les critères de répartition des Fdd : Qu’est ce qui, aujourd’hui, doit présider à l’indexation du Fdd à l’échelle de 3,5% ? Nous estimons, aujourd’hui, que pour être cohérent et objectif dans la répartition, les éléments relatifs à la population, doivent entrer en jeu. La question de la dépendance doit également être intégrée. La problématique de la pauvreté, autrement dit, les équipements, hôpitaux, écoles, postes de santé, infrastructures de sports, doivent être également retenus comme étant des critères importants qui doivent entrer en jeu pour l’allocation des Fdd. Ceci nécessite une rencontre, des échanges avec l’ensemble des acteurs territoriaux : Présidents de conseil départemental, maires, autorités administratives, la société civile’’, a dit M. Diouf.

À l’en croire, les acteurs territoriaux devraient inviter ceux-ci, à partager cette problématique pour que véritablement, tout le monde soit informé, mais surtout que ‘’la répartition des Fdd soit de notre point de vue, plus objective. C’est cela un peu le sens de cette rencontre. Et cette réunion est importante. Ce n’est pas la première fois. Nous avons réformé les Fonds d’équipements de la décentralisation et avons réfléchi sur le Pacasen qui, aujourd’hui, mobilise 150 milliards mais pour seulement 123 collectivités territoriales’’.

Également président du Conseil départemental de Kaffrine et ministre conseiller à la présidence de la République, Adama Diouf dit estimer, avec ses collaborateurs, qu’il faut aujourd’hui, ‘’encore d’autres pas dans le cadre de l’élaboration du Pacasen rural. Lequel doit concerner pour des soucis d’équité territoriale, les 435 autres collectivités. Cela nous estimons que c’est important. Le président Macky Sall ne l’a pas perdu de vue. Lorsque nous lui avons déposé notre Mémorandum, il l’a bien étudié. Il a donné des instructions pour que des études soient faites véritablement, que nul ne soit laissé en rade. Parce que c’est important aussi quand on mène une politique, la problématique de l’équité puisse être prise en charge de façon complète et entière. C’est cela le sens également de ce deuxième point’’.

Abordant le 3e point, qui selon lui, porte sur la problématique du Promoville. ‘’Comment faire en sorte que les projets territoriaux qui se déroulent sur le terrain, puissent également prendre en charge les préoccupations des Plans locaux de développement. Pour que quand un plan est élaboré, à l’échelle nationale,  sa traduction sur le terrain puisse correspondre également aux préoccupations des élus locaux à travers les Plans locaux de développement.’’

Il ajoute : ‘’au moment où également nous demandons des ressources, il faut aussi que l’administration puisse auditer. Et cela est important. À quoi servent les ressources qui sont injectées dans le secteur? Nous sommes preneurs de cette augmentation, mais en même temps nous devons accompagner ce flux de finances important par un dispositif de contrôle, pour que véritablement cet argent qui est injecté, le contribuable qui donne son argent puisse également se retrouver et se reconnaitre dans ce qui est fait sur le terrain’’.
Vendredi 17 Septembre 2021
Daddy Diop